15/05/2012

Bouche-trou ?

Hier soir, j'ai regardé, comme souvent, l'émission Mots croisés sur France 2. J'apprécie particulièrement Yves Calvi, qui a mon sens est - de loin - le meilleur journaliste-arbitre de débats politiques ou autres. Mais hier soir, et sans remettre en cause les qualités de Calvi, j'ai été offusqué de la qualité de ces débats-escarmouches entre les seconds couteaux des différents partis politiques représentés. Sans citer particulièrement de petites phrases, le contenu lui-même manquait de hauteur. Et pour cause.

On a vu quoi ? :

• un Bruno Lemaire complètement déconnecté et pathétique, essayant de sauver un bilan catastrophique, en plein déni comme la quasi-totalité de l'UMP actuellement.

• un Florian Philippot se prenant les pieds dans le tapis, osant même se référé à JP Chevènement (?). Oui je l'ai bien entendu !

• Marielle de Sarnez, répétant à l'envi (De l’ancien français envi, déverbal du verbe envier (« convier, défier, provoquer »), du latin classique invitare (« inviter »).) les grandes lignes du Modem, mais trop réservée et trop "correcte" par rapport aux escarmouches incéssantes du débat.

• Harlem Désir, sur de lui, et déjà très imbu de son PS vainqueur

• Clémentine Autain, mignonne, moins hâbleuse que Mélenchon, mais récitant aussi les lignes de son parti

• Noël Mamère virulant et dirigeant tous ses coups sur le duo Lemaire/Philippot

Dans un cacophonie que même Calvi ne réussissait qu'à de trop rares occasions à canaliser, il n'est rien ressorti de vraiment nouveau de cette n-ième émission de l'avant nouvelle présidence, ni de la vraie bataille pour les prochaines législatives. Donc, et à part le scoop de Philippot se revendiquant de JP Chevènement, j'aurais pu aller me coucher plus tôt pour reprendre la lecture du Ludlum qui me tient, lui, vraiment en halène...


14/05/2012

Ça y est ! Je le tiens, mon billet !

J'avoue que ces derniers jours, j'étais un peu à cours d'imagination pour écrire. En effet, les media, à cours d'info réelle sur notre vie politique nationale, ont, eux, trouvé deux thèmes récurrents qui je l'avoue ne m'ont pas fait réagir au point de m'exprimer, et pour cause :

• Mélenchon se présente face à Le Pen. Bon. Front contre front, disent-ils. Bon. Hormis l'attente de joutes verbales fort peu constructives mais pleines de "petites phrases" assassines qui les font tellement se ressembler, on ne va surement pas élever la qualité du débat politique. Enfin je ne crois pas. Les électeurs vont-ils se laisser embarquer dans ces surenchères pseudo-politiques mais surtout populistes ? On verra, et malheureusement, surtout, on entendra.

• Qui sera premier ministre, et qui seront ses ministres ? Personne n'en sait rien, et même les "postulants" ne le savent pas officiellement... Alors, on assiste à des concours de broderies, de suppositions, d'extrapolations... Allez, courage, on sera tous mis au courant mercredi. Point.

Bien sur, il y a toujours Merkel (qui s'est prise une claque), la Grèce (perdue dans sa valse hésitation), Poutine (qui est revenu), l'Espagne (qui ne sait plus comment s'en sortir)...

Mais, moi, ce qui me fait réagir - et là, ce que je redoutais arrive - les religieux nationaux commencent à faire parler d'eux. Après tout, pourquoi ne le feraient-ils pas ? Depuis que ce dernier quinquennat a tout fait pour stigmatiser la religion d'une bonne quantité de français (j'insiste sur français). Celle-ci a pris naturellement sa place dans le débat public.

Et c'est la que je m'énerve, que je m'insurge et que je m'indigne. Ne vivons-nous pas dans une république laïque ? Chacun est libre d'avoir (ou pas) la religion qu'il souhaite. Mais à aucun moment, il n'est dit que ces religions doivent prendre le pas ou interférer sur nos institutions, sur notre vie en société. Quand on relit l'Histoire du monde, ancienne et actuelle, combien de guerres commises, de victimes au nom d'un dieu ? Que les opinions politiques soient un motif de clivage, cela pourrait s'admettre puisque cela touche à nos relations "pratiques" et économiques du quotidien. Mais la religion, qui en plus - et selon chacun - peut avoir l'interprétation la plus large, et qui arrive par on ne sait quelle mésalliance à interférer sur des mouvements politiques (cathos et UMP). Là vraiment ça m'anéantit ! Remettons-la vite à sa place : dans nos têtes et/ou dans nos cœurs. Cela doit rester intime, se partager en intimité. Cela ne doit jamais venir sur la place publique.
De grâce, n'allons pas jusqu'à revivre une nouvelle Saint Barthélémy ! C'était en 1572. Et il n'y a pas prescription pour ce genre d'horreur.

12/05/2012

Remerciements à Philippe Bilger

Je viens de lire avec une immense satisfaction le dernier billet de Philippe Bilger, avocat de renom et accessoirement bloggeur chez Marianne. Voici le lien pour ce billet que je vous invite vivement à lire.
Ayant moi-même soutenu François Bayrou, je suis entièrement d'accord avec lui sur le maintien d'une grande vigilance.
Certes j'ai voté Hollande au deuxième tour et suis pour le moment très satisfait de la nouvelle image de président qu'il veut imprimer. Mais je vais aussi surveiller en premier lieu la politique économique qu'il va mettre en œuvre, puis aussi, et surtout, la moralisation de l'état et de toute son équipe. Je le ferai d'autant plus facilement qu'il n'est point besoin d'être spécialiste pour constater la moindre dérive. Et aussi, bien sûr puisque c'est le point commun principal avec le programme de F.Bayrou.
Pendant ce temps, et avant la "prise de pouvoir officielle", je vais suivre avec attention ce qui peut de près ou de loin affecter notre pays : les élections en Algérie, l'évolution de ce qui se passe en Grèce, le lancement de la campagne présidentielle aux USA.
Bon week end à vous, et n'hésitez pas à commenter mes billets. Sur la droite de la page, j'ai créé un petit sondage (anonyme) auquel vous pouvez participer. Son résultat pourrait m'indiquer comment se situe mon lectorat. Merci à vous.

11/05/2012

A l'attention de mes lecteurs

Tout d'abord merci de consacrer un peu de votre temps à la lecture de mon blog. Je sais que vous êtes quelques uns à lire ces "papiers". Cependant, et à ma grande surprise, vous êtes peu nombreux à me laisser des commentaires... Peut-être qu'il y a un dysfonctionnement technique.
Je vous remercie par avance de me laisser quelques mots même (et surtout) si vous n'aimez pas. On ne progresse que si l'on est critiqué.

Du bon usage de "vrai" et de "normal"

Amis de gauche et amis de droite,
Ces derniers jours, initiés par des politiques et relayés abondamment par les media, on a vu fleurir sinon envahir les différents propos de ces beaux adjectifs.
Rappelez vous le "vrai travail" puis transformé en "vraie fête du travail". Dérangeant pour beaucoup, quelle que soit la famille politique.
Puis ça a été le "président normal". Moins dérangeant car personne ne peut dénier que François Hollande soit un peu plus normal que son prédécesseur qui était apparu un peu trop "bling-bling". Mais le "normal" commençait à prendre une allure un peu trop ostentatoire.
Hier, un homme, seul, bien qu'apprécié d'une majorité de français, a parlé. François Bayrou s'est exprimé, une fois de plus.
Dans sa déclaration*, il nous a montré, une fois encore, la force de ses convictions et de sa probité. (*Pour ceux qui auraient la flemme de suivre le lien, je la retransmets in extenso ci-après). Très courageusement, il nous y redit son engagement, sa crainte d'une cohabitation, ses mises en garde sur les finances publiques, et bien d'autres choses tout aussi importantes. Il y redit aussi sa volonté de laisser son mouvement à l'abri de toute compromission ou négociation avec quelque bord que ce soit. Il y dit aussi la nécessité de donner une majorité à l'actuel président, seule condition pour garder une saine cohérence. S'il fallait résumer cette déclaration à une seule phrase, je retiendrais, pour sa force et son évidence, celle-ci : "...pour la première fois, un courant refusera le sectarisme, les réflexes de clan, tout pour ou tout contre, toujours pour ou toujours contre ! ..."
Je laisse cette phrase à votre réflexion, car bientôt il nous faudra voter pour nos députés.

Déclaration de François Bayrou le 10 mai 2012 :
"L’élection présidentielle a livré son verdict. François Hollande a été élu, et Nicolas Sarkozy a organisé la transition comme elle devait l’être. Les Français ont apprécié ce moment républicain, ce qui prouve qu’il y a dans notre pays aujourd’hui un grand besoin d’apaisement. 

Dans cette élection, j’ai pris mes responsabilités. Pour moi, la vie, cela consiste à prendre ses responsabilités. Je l’ai fait, est-il besoin de le dire, sans aucune idée d’intérêt, sans aucune sorte de marchandage. On me dit : vous avez pris des risques ! On va vous le faire payer et vous désigner comme cible. Je l’accepte. J’assume cela. J’ai pris cette décision, parce que je considérais que l’essentiel se trouvait en jeu, qu’au bout du compte, malgré mes réserves sur bien des points, l’alternance offrirait une chance nouvelle au pays. Et notre marque de fabrique, à nous, c’est que nous ne faisons pas de la politique comme un marchandage : nous faisons de la politique comme un engagement. Et nous pensons que le courage est nécessaire à l’engagement. Or l’engagement, et le courage, c’est précisément ce qu’il faut à la France. Pas le sectarisme. Car la période que nous allons vivre va être la plus rude, la plus exigeante, que la France ait traversée depuis longtemps. Je veux vous dire solennellement ceci : la crise vient, plus vite et plus dure qu’on ne l’imaginait ! L’étincelle part de Grèce, mais c’est dans les États endettés de la zone euro, et au premier chef chez nous en France, que l’incendie risque de s’allumer. Voilà la dure réalité. Cette crise est celle des États surendettés de la zone euro. En finançant à crédit leur train de vie, en dépensant pour le courant et pas assez pour l’investissement, ces pays, et le nôtre, se sont placés dans une situation invivable. La crise qui vient sera la plus rude de celles que notre pays aura traversées depuis la guerre, parce que cette crise risque de menacer d’abord notre modèle social et de services publics. J’espère que des démarches de croissance seront acceptées par les autorités de l’Union européenne. Mais c’est à l’horizon de plusieurs années. Et elles ne seront acceptées que si, en même temps, les pays cessent de s’endetter, et cela c’est à court terme. Et comme dans toute crise, ce sont les catégories les plus fragiles qui risquent d’être les premières atteintes. Il est très important que les gouvernants aient cela à l’esprit. Et cela a deux conséquences. Il n’y aura pas de répit. Il y aura peut-être un court état de grâce politique, mais pas d’état de grâce économique et social. Et deuxième conséquence : on ne sortira pas de cette crise par les solutions politiques classiques ! François Hollande a un atout : il n’est pas ressenti comme un homme d’affrontements, je crois pour ma part que c’est authentique, il est nouveau, il a un certain crédit dans l’appareil d’État. Surtout, il a obtenu le soutien des catégories populaires les plus fragiles. Mais son programme économique devra être repris en profondeur, à la mesure de la crise, et ce sera un rude exercice de vérité, d’abord dans sa majorité. S’il trouve en face de lui une opposition agressive et systématique, qui fera feu de tout bois, a fortiori une cohabitation de blocage, il n’existe aucune chance que le pays puisse se redresser. Je suis persuadé que les Français ne veulent pas d’une opposition frontale et systématique pour la période qui s’ouvre. Ils ont envie de gens, même différents, mais réunis qui fassent avancer les choses. C’est dans cette volonté que nous nous inscrivons. Il faut au Parlement un courant politique nouveau qui soit à la fois indépendant et positif. Il faut un courant politique qui dise non à la participation complaisante, non à l’opposition de principe, et oui à l’esprit de responsabilité et d’unité nationale. Il faut un courant politique qui ne cherche pas l’échec des gouvernants, mais le succès de la France dans les immenses difficultés qu’elle va rencontrer. Des gens qui ne s’en laissent pas compter, qui ne se laissent pas influencer par les intérêts partisans. Et cette force ne peut être qu’au Centre. Je dis au centre. Pour la première fois, un vrai centre peut exister. Jusqu’à maintenant, le centre ne se concevait qu’à droite. Jamais, depuis des années, il n’avait pu faire la preuve d’une vraie indépendance, d’une vraie liberté de décision, fondée non pas sur des arrière-pensées, mais sur le plus profond de son engagement. Or pour qu’un vrai centre existe, il faut qu’il réunisse des femmes et des hommes qui assument leur diversité et ne soient pas toujours du même côté de cette barrière imaginaire qui séparerait les Français. J’ai beaucoup d’amis qui ont voté Sarkozy et appelé à voter pour lui. Je considère qu’ils en avaient le droit. J’ai des amis qui ont voté blanc. Je considère qu’ils en avaient le droit. Beaucoup d’entre nous aussi ont voté Hollande et moi avec eux. Ils n’ont pas à être accusés de leur vote. Ils en avaient le droit élémentaire comme citoyens. Aucun contrat, aucune dépendance ne doit empêcher un citoyen d’émettre le vote qu’il considère juste. Et c’est en acceptant cette diversité, en réunissant ceux qui ont fait des choix de deuxième tour différents, et heureusement, que nous créerons le pôle central libre dont la France a besoin. C’est un grand changement.La création d’une force centrale et libre dans la vie politique française, là est la seule nouveauté, et le seul changement possible. Et cette force centrale qui accepte et veut voir réunies les sensibilités différentes du centre, ceux qui ont voté d’un côté et ceux qui ont voté de l’autre, un pôle qui non seulement accepte la diversité mais la souhaite, c’est la garantie que pour la première fois, un courant refusera le sectarisme, les réflexes de clan, tout pour ou tout contre, toujours pour ou toujours contre ! Au travers des candidats de cette force centrale, pourront s’exprimer tous ceux qui éprouvent un malaise devant la volonté de monopole de l’UMP et du PS. Et je les ai rencontrés, les gaullistes, les sociaux démocrates, les sensibilités sociales de la droite républicaine, les écologistes réalistes. Tous ceux qui n’aiment pas que triomphent les seules logiques d’appareil. Tous ceux qui en ont marre des sectaires d’un bord ou de l’autre. Quand les décisions seront bonnes et courageuses, le pôle central soutiendra les orientations du gouvernement. Quand elles seront risquées, il le dira clairement. En toutes circonstances, il cherchera à influencer les décisions prises dans le sens du courage, du réalisme, et de l’attention à porter à la vie quotidienne. Il défendra une vision pour le pays, autant que le souci de la vie de tous les jours. Il sera humaniste, pas seulement dans les mots, mais dans les actes. Devant la crise, il défendra l’intérêt national et donc l’unité nationale. Les candidats de ce pôle central qui auront signé une charte d’engagement se présenteront sous l’étiquette : "Le Centre pour la France". Ces candidats auront un mot d’ordre : "nous voulons être utiles à la France, pour qu’elle échappe à ses divisions". Ils ne seront pas les hommes et les femmes d’un camp, mais les hommes et les femmes d’un pays et d’un peuple."