12/05/2012

Remerciements à Philippe Bilger

Je viens de lire avec une immense satisfaction le dernier billet de Philippe Bilger, avocat de renom et accessoirement bloggeur chez Marianne. Voici le lien pour ce billet que je vous invite vivement à lire.
Ayant moi-même soutenu François Bayrou, je suis entièrement d'accord avec lui sur le maintien d'une grande vigilance.
Certes j'ai voté Hollande au deuxième tour et suis pour le moment très satisfait de la nouvelle image de président qu'il veut imprimer. Mais je vais aussi surveiller en premier lieu la politique économique qu'il va mettre en œuvre, puis aussi, et surtout, la moralisation de l'état et de toute son équipe. Je le ferai d'autant plus facilement qu'il n'est point besoin d'être spécialiste pour constater la moindre dérive. Et aussi, bien sûr puisque c'est le point commun principal avec le programme de F.Bayrou.
Pendant ce temps, et avant la "prise de pouvoir officielle", je vais suivre avec attention ce qui peut de près ou de loin affecter notre pays : les élections en Algérie, l'évolution de ce qui se passe en Grèce, le lancement de la campagne présidentielle aux USA.
Bon week end à vous, et n'hésitez pas à commenter mes billets. Sur la droite de la page, j'ai créé un petit sondage (anonyme) auquel vous pouvez participer. Son résultat pourrait m'indiquer comment se situe mon lectorat. Merci à vous.

11/05/2012

A l'attention de mes lecteurs

Tout d'abord merci de consacrer un peu de votre temps à la lecture de mon blog. Je sais que vous êtes quelques uns à lire ces "papiers". Cependant, et à ma grande surprise, vous êtes peu nombreux à me laisser des commentaires... Peut-être qu'il y a un dysfonctionnement technique.
Je vous remercie par avance de me laisser quelques mots même (et surtout) si vous n'aimez pas. On ne progresse que si l'on est critiqué.

Du bon usage de "vrai" et de "normal"

Amis de gauche et amis de droite,
Ces derniers jours, initiés par des politiques et relayés abondamment par les media, on a vu fleurir sinon envahir les différents propos de ces beaux adjectifs.
Rappelez vous le "vrai travail" puis transformé en "vraie fête du travail". Dérangeant pour beaucoup, quelle que soit la famille politique.
Puis ça a été le "président normal". Moins dérangeant car personne ne peut dénier que François Hollande soit un peu plus normal que son prédécesseur qui était apparu un peu trop "bling-bling". Mais le "normal" commençait à prendre une allure un peu trop ostentatoire.
Hier, un homme, seul, bien qu'apprécié d'une majorité de français, a parlé. François Bayrou s'est exprimé, une fois de plus.
Dans sa déclaration*, il nous a montré, une fois encore, la force de ses convictions et de sa probité. (*Pour ceux qui auraient la flemme de suivre le lien, je la retransmets in extenso ci-après). Très courageusement, il nous y redit son engagement, sa crainte d'une cohabitation, ses mises en garde sur les finances publiques, et bien d'autres choses tout aussi importantes. Il y redit aussi sa volonté de laisser son mouvement à l'abri de toute compromission ou négociation avec quelque bord que ce soit. Il y dit aussi la nécessité de donner une majorité à l'actuel président, seule condition pour garder une saine cohérence. S'il fallait résumer cette déclaration à une seule phrase, je retiendrais, pour sa force et son évidence, celle-ci : "...pour la première fois, un courant refusera le sectarisme, les réflexes de clan, tout pour ou tout contre, toujours pour ou toujours contre ! ..."
Je laisse cette phrase à votre réflexion, car bientôt il nous faudra voter pour nos députés.

Déclaration de François Bayrou le 10 mai 2012 :
"L’élection présidentielle a livré son verdict. François Hollande a été élu, et Nicolas Sarkozy a organisé la transition comme elle devait l’être. Les Français ont apprécié ce moment républicain, ce qui prouve qu’il y a dans notre pays aujourd’hui un grand besoin d’apaisement. 

Dans cette élection, j’ai pris mes responsabilités. Pour moi, la vie, cela consiste à prendre ses responsabilités. Je l’ai fait, est-il besoin de le dire, sans aucune idée d’intérêt, sans aucune sorte de marchandage. On me dit : vous avez pris des risques ! On va vous le faire payer et vous désigner comme cible. Je l’accepte. J’assume cela. J’ai pris cette décision, parce que je considérais que l’essentiel se trouvait en jeu, qu’au bout du compte, malgré mes réserves sur bien des points, l’alternance offrirait une chance nouvelle au pays. Et notre marque de fabrique, à nous, c’est que nous ne faisons pas de la politique comme un marchandage : nous faisons de la politique comme un engagement. Et nous pensons que le courage est nécessaire à l’engagement. Or l’engagement, et le courage, c’est précisément ce qu’il faut à la France. Pas le sectarisme. Car la période que nous allons vivre va être la plus rude, la plus exigeante, que la France ait traversée depuis longtemps. Je veux vous dire solennellement ceci : la crise vient, plus vite et plus dure qu’on ne l’imaginait ! L’étincelle part de Grèce, mais c’est dans les États endettés de la zone euro, et au premier chef chez nous en France, que l’incendie risque de s’allumer. Voilà la dure réalité. Cette crise est celle des États surendettés de la zone euro. En finançant à crédit leur train de vie, en dépensant pour le courant et pas assez pour l’investissement, ces pays, et le nôtre, se sont placés dans une situation invivable. La crise qui vient sera la plus rude de celles que notre pays aura traversées depuis la guerre, parce que cette crise risque de menacer d’abord notre modèle social et de services publics. J’espère que des démarches de croissance seront acceptées par les autorités de l’Union européenne. Mais c’est à l’horizon de plusieurs années. Et elles ne seront acceptées que si, en même temps, les pays cessent de s’endetter, et cela c’est à court terme. Et comme dans toute crise, ce sont les catégories les plus fragiles qui risquent d’être les premières atteintes. Il est très important que les gouvernants aient cela à l’esprit. Et cela a deux conséquences. Il n’y aura pas de répit. Il y aura peut-être un court état de grâce politique, mais pas d’état de grâce économique et social. Et deuxième conséquence : on ne sortira pas de cette crise par les solutions politiques classiques ! François Hollande a un atout : il n’est pas ressenti comme un homme d’affrontements, je crois pour ma part que c’est authentique, il est nouveau, il a un certain crédit dans l’appareil d’État. Surtout, il a obtenu le soutien des catégories populaires les plus fragiles. Mais son programme économique devra être repris en profondeur, à la mesure de la crise, et ce sera un rude exercice de vérité, d’abord dans sa majorité. S’il trouve en face de lui une opposition agressive et systématique, qui fera feu de tout bois, a fortiori une cohabitation de blocage, il n’existe aucune chance que le pays puisse se redresser. Je suis persuadé que les Français ne veulent pas d’une opposition frontale et systématique pour la période qui s’ouvre. Ils ont envie de gens, même différents, mais réunis qui fassent avancer les choses. C’est dans cette volonté que nous nous inscrivons. Il faut au Parlement un courant politique nouveau qui soit à la fois indépendant et positif. Il faut un courant politique qui dise non à la participation complaisante, non à l’opposition de principe, et oui à l’esprit de responsabilité et d’unité nationale. Il faut un courant politique qui ne cherche pas l’échec des gouvernants, mais le succès de la France dans les immenses difficultés qu’elle va rencontrer. Des gens qui ne s’en laissent pas compter, qui ne se laissent pas influencer par les intérêts partisans. Et cette force ne peut être qu’au Centre. Je dis au centre. Pour la première fois, un vrai centre peut exister. Jusqu’à maintenant, le centre ne se concevait qu’à droite. Jamais, depuis des années, il n’avait pu faire la preuve d’une vraie indépendance, d’une vraie liberté de décision, fondée non pas sur des arrière-pensées, mais sur le plus profond de son engagement. Or pour qu’un vrai centre existe, il faut qu’il réunisse des femmes et des hommes qui assument leur diversité et ne soient pas toujours du même côté de cette barrière imaginaire qui séparerait les Français. J’ai beaucoup d’amis qui ont voté Sarkozy et appelé à voter pour lui. Je considère qu’ils en avaient le droit. J’ai des amis qui ont voté blanc. Je considère qu’ils en avaient le droit. Beaucoup d’entre nous aussi ont voté Hollande et moi avec eux. Ils n’ont pas à être accusés de leur vote. Ils en avaient le droit élémentaire comme citoyens. Aucun contrat, aucune dépendance ne doit empêcher un citoyen d’émettre le vote qu’il considère juste. Et c’est en acceptant cette diversité, en réunissant ceux qui ont fait des choix de deuxième tour différents, et heureusement, que nous créerons le pôle central libre dont la France a besoin. C’est un grand changement.La création d’une force centrale et libre dans la vie politique française, là est la seule nouveauté, et le seul changement possible. Et cette force centrale qui accepte et veut voir réunies les sensibilités différentes du centre, ceux qui ont voté d’un côté et ceux qui ont voté de l’autre, un pôle qui non seulement accepte la diversité mais la souhaite, c’est la garantie que pour la première fois, un courant refusera le sectarisme, les réflexes de clan, tout pour ou tout contre, toujours pour ou toujours contre ! Au travers des candidats de cette force centrale, pourront s’exprimer tous ceux qui éprouvent un malaise devant la volonté de monopole de l’UMP et du PS. Et je les ai rencontrés, les gaullistes, les sociaux démocrates, les sensibilités sociales de la droite républicaine, les écologistes réalistes. Tous ceux qui n’aiment pas que triomphent les seules logiques d’appareil. Tous ceux qui en ont marre des sectaires d’un bord ou de l’autre. Quand les décisions seront bonnes et courageuses, le pôle central soutiendra les orientations du gouvernement. Quand elles seront risquées, il le dira clairement. En toutes circonstances, il cherchera à influencer les décisions prises dans le sens du courage, du réalisme, et de l’attention à porter à la vie quotidienne. Il défendra une vision pour le pays, autant que le souci de la vie de tous les jours. Il sera humaniste, pas seulement dans les mots, mais dans les actes. Devant la crise, il défendra l’intérêt national et donc l’unité nationale. Les candidats de ce pôle central qui auront signé une charte d’engagement se présenteront sous l’étiquette : "Le Centre pour la France". Ces candidats auront un mot d’ordre : "nous voulons être utiles à la France, pour qu’elle échappe à ses divisions". Ils ne seront pas les hommes et les femmes d’un camp, mais les hommes et les femmes d’un pays et d’un peuple."

09/05/2012

Et si on faisait tous mentir De Gaulle ?

Vous vous souvenez, ou si vous êtes trop jeunes vous avez entendu cette phrase : "Les Français sont des veaux. La France entière est un pays de veaux."
Ceci posé, j'ai peur que nous n'ayons à trop lui donner raison. Chacun, de droite ou de gauche, fait souvent référence aux qualités de ce grand homme. Mais doit-on se complaire à cette quasi-évidence ?
On a déjà pas eu la chance de voir accéder aux plus hautes fonctions de l'état des Jacques Delors, Michel Rocard, entre autres (je n'ai plus en tête le nom d'autres personnalités de droite et compte sur vous pour me les citer car il y en a). Ne passons pas une nouvelle fois à côté d'une telle opportunité !
François Bayrou, dont une grande majorité de français, toutes tendances confondues, souhaiterait le voir accéder à un rôle important, est de cette trempe.
Alors, on a entendu successivement l'UMP, puis aujourd'hui le PS décider qu'ils maintiendraient tous deux leurs candidats face au candidat du Modem.
Pour mémoire, il faut quand même rappeler que par définition, et fort logiquement, François Bayrou avait laissé à chaque sympathisant ou adhérent son libre arbitre. Il avait donc choisi, à titre exclusivement personnel de ne pas voter pour Sarkozy - on le comprend-, tout en précisant qu'il émettait des réserves sur Hollande. 
Bien sur, on en attendait pas moins que l'UMP parle de trahison. On se demande bien pourquoi. Attendaient-ils qu'avec toutes les mises en gardes qu'il avait faites, tous les travers qu'avait prise la campagne de Sarkozy (ne serait-ce que par la droitisation extrême de ses propos), François Bayrou défenseur des valeurs de l'humanisme, leur donne son vote ?
Plus surprenant, le PS après avoir annoncé (trop) rapidement qu'il ne présenterait pas d'adversaire, vient de se rétracter. A cause de Mélenchon ?
Messieurs et dames de droite et de gauche, vous n'avez rien compris. Les électeurs centristes ont choisi à quasi-égale répartition de voter pour les deux camps. Personne n'a été lésé ! Le centre, le vrai, c'est ça. N'étant ni de gauche, ni de droite, chacun a voté en fonction de ce que les valeurs de chaque camp pouvait  se rapprocher des siennes propres. Et c'est bien comme ça que je le comprends. Sinon à quoi auraient servi le millions de vote Bayrou du premier tour ?
Il va s'exprimer vers 17 heures. J'attends et je sais par avance qu'il restera aussi ferme dans ses convictions. Et moi dans les miennes. Et beaucoup aussi je l'espère.

Citation du jour (très actuelle)

"Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal : c'est le courage de continuer qui compte"
Sir Winston Churchill